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L’histoire du clitoris : entre oubli, redécouverte et révolution féminine

L’histoire du clitoris : entre oubli, redécouverte et révolution féminine

Découvrez l’inspiration qui m’a plongée au cœur de l’histoire du clitoris, cet organe mystérieux et pourtant si central dans la sexualité féminine. Autant tabou que fascinant, le clitoris demeure encore aujourd’hui le secret le mieux gardé du corps humain. Il est toutefois une véritable porte d’accès à un « reset » du corps tout entier : sa stimulation enclenche un rééquilibre hormonal et libère l’énergie de l’orgasme — la Shakti, cette énergie créatrice qui sommeille dans le bassin de chaque femme.

Méconnu depuis l’Antiquité et souvent malmené par les discours médicaux ou religieux, le clitoris a même été nié par certains savants du début du XXᵉ siècle. Ce n’est qu’en 1998 que son anatomie complète a été réhabilitée dans la médecine moderne grâce aux travaux de la chirurgienne australienne Helen O’Connell (O’Connell et al., 1998).

Le mot clitoris vient du grec ancien kleitoris. Son étymologie exacte reste incertaine : certains y voient le sens de « petite colline », d’autres celui de « clé » (kleis). Le terme est entré en français à la Renaissance par la littérature médicale, relayé par des anatomistes comme Fallope ou Liébault. Avant cela, on utilisait le latin landica, devenu en ancien français « landie », qui signifiait « petit gland » (Fillod & Chaperon, 2017).

Brooklyn 2006. My Clit Relovution

Tout a commencé à Brooklyn, en 2006, quand mon professeur de yoga postnatal me demanda de contracter les muscles de mon vagin, de mon clitoris et de mon anus. J’étais alors une jeune maman, professeure de yoga, venant de donner naissance à mon premier bébé. Ma passion pour l’anatomie et le mouvement était née trois ans plus tôt en Inde, et imprégnait déjà ma pratique.

En suivant les instructions de mon professeur, je contractais mes muscles pelviens à des endroits précis, puis je relâchais. Les mots « clitoris », « vagin », « anus » étaient posés sans tabou. Mon bassin s’allégeait, mon corps se détendait, et je me connectais à mon espace sacré : mon Yonivers. Cette pratique, plus subtile que le Mula Bandha, m’invita à une nouvelle prise de conscience de mon corps et de sa puissance.

Ce fut une révélation. Je ressentais le besoin de replacer chaque partie de mon corps, pas seulement dans les livres ou sur les planches anatomiques, mais dans mon expérience intime. C’est ainsi que je me suis lancée dans une année d’étude de l’anatomie du yoga avec Leslie Kaminoff et Amy Matthews à Manhattan.

Ce jour-là, le clitoris devint pour moi une véritable quête du Graal, un chemin d’exploration intérieure qui allait transformer mon approche du yoga et de la vie.

« Le clitoris féminin peut être comparé à une gâchette »  Odile Fillod.

Histoire du clitoris

De l’Antiquité à la Renaissance

Dès l’Antiquité, le clitoris était connu sous divers noms et décrit par certains médecins, même si les textes hippocratiques ne le mentionnent pas directement. Les médecins de cette époque s’intéressaient davantage à l’utérus, considéré comme la cause de nombreux troubles féminins (Fillod & Chaperon, 2017).

À la Renaissance, des anatomistes comme Realdo Colombo et Gabriele Fallope le décrivent en détail. Colombo le compare à une « petite boule » qui devient dure et allongée lorsqu’elle est stimulée, tandis que Fallope affirme qu’il « correspond au pénis de l’homme ». C’est à cette époque que naît l’expression « verge de la femme », une construction culturelle qui n’existait pas dans l’Antiquité, où l’on parlait plutôt de « nymphe », de « baie de myrte » ou de « luette » pour décrire le clitoris.

De Freud à la redécouverte moderne

Au début du XXᵉ siècle, Sigmund Freud relègue le plaisir clitoridien au rang de plaisir « infantile ». Selon lui, une femme « mature » doit jouir par le vagin. Cette théorie, profondément influente, a longtemps contribué à la dévalorisation du clitoris dans la culture occidentale.

Dans les années 1960, le travail de Masters & Johnson réhabilite le rôle du clitoris : ils démontrent qu’il est l’organe central de l’orgasme féminin. Mais dès les années 1980, l’attention se détourne vers le fameux « point G », reléguant l’organe à l’arrière-plan.

Helen O’Connell et la redécouverte scientifique

En 1998, la chirurgienne urologue australienne Helen O’Connell publie une étude pionnière. Elle met en évidence les lacunes des manuels d’anatomie modernes, qui représentaient encore le clitoris comme un simple « bouton » externe. Ses dissections révèlent l’importance de sa partie interne, érectile et tridimensionnelle, et du réseau nerveux qui l’accompagne. Contrairement à ce que les médias relayèrent souvent, O’Connell n’a pas « découvert » le clitoris interne : des anatomistes comme l’Allemand Kobelt l’avaient déjà décrit au XIXᵉ siècle, mais ses travaux ont permis de remettre cet organe au cœur du savoir médical et du débat public.

Clitoris, mutilations et redécouverte médicale

La redécouverte médicale du clitoris est aussi liée aux combats contre les mutilations génitales féminines (MGF). Dans les années 1990, la gynécologue Odile Buisson et le chirurgien Pierre Foldès mènent des recherches pionnières sur le clitoris, notamment à travers des échographies et des interventions chirurgicales de réparation pour les femmes excisées. Ces travaux visent à redonner aux femmes une partie de leurs sensations perdues et à mieux comprendre les mécanismes physiologiques du plaisir féminin (Buisson & Foldès, 2008).

Selon l’ONU, environ 6 000 jeunes filles subissent une excision chaque jour. Malgré les progrès obtenus grâce aux campagnes de sensibilisation, la crise sanitaire du COVID-19 a provoqué un recul dramatique, en isolant les adolescentes et en accentuant la pression sociale et familiale (ONU Femmes, 2020).

Clitoris et culture populaire

Le dessinateur Zep, créateur de Titeuf, a reconnu avoir appris très tard à représenter cet organe, grâce à des spécialistes de l’Université de Genève : « Je fais partie d’une génération de gens qui ne savaient pas ce qu’était un clitoris. C’est très graphique. On dirait un superhéros, un oiseau de science-fiction. »

Longtemps invisible parce qu’en grande partie interne, la structure anatomique complète du clitoris n’a commencé à être diffusée qu’à la fin des années 1990, et il a fallu attendre 2017 pour qu’il apparaisse dans un manuel scolaire français de 4ᵉ. La même année, le livre de Michel Cymes Quand ça va, quand ça va pas passait complètement sous silence la vulve et le clitoris, réduisant la « zézette » à un simple orifice pour uriner.

Clitoris et fécondation : retour à la case départ ?

Stimulé, le clitoris aurait aussi un rôle indirect dans la fécondation : certaines études ont montré que l’orgasme féminin modifie le pH, la température et le flux sanguin vaginal, favorisant potentiellement l’activation des spermatozoïdes. Loin d’être un organe “inutile”, le clitoris participe à l’équilibre hormonal et à la santé reproductive globale.

L’éducation sexuelle : une urgence

En 2016, un quart des filles de 15 ans ne savaient pas qu’elles possédaient un clitoris, et 83 % ignoraient sa fonction érogène. Selon le Haut Conseil à l’Égalité, 68 % des garçons de 3ᵉ et 4ᵉ ne connaissaient pas non plus sa fonction.

Il est temps de dessiner des clitoris et d’apprendre aux enfants l’anatomie réelle de cet organe essentiel.

Conclusion : le clitoris, superhéros de votre vie

Après des siècles d’oubli, de déformations et de silences, le clitoris se révèle enfin pour ce qu’il est : l’organe central du plaisir féminin, un symbole de connaissance de soi et de liberté.

LE CLITORIS, LE SUPERHERO DE VOTRE VIE !

Je vous invite à aller plus loin dans cette redécouverte à travers mes ateliers Yoga & Clitoris : un espace joyeux et plein d’émotions où je transmets, via la méthode AliaOm, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le clitoris sans jamais oser le demander.

  • Stimuler l’énergie de la Shakti dans votre quotidien
  • Retrouver une connexion profonde à votre corps
  • Booster votre libido et éveiller votre créativité
  • Réduire le stress et favoriser l’équilibre hormonal
  • Atténuer les douleurs et les symptômes du cycle

🌸 Le clitoris, superhéros de votre vie !

Histoire du Clitoris

460-377 av. J. -CL’ancêtre des médecins

Hippocrate

L’ancêtre des médecins pensait que la stimulation du clitoris augmentait la fertilité ce qui résultait à la rencontre des semences de l’homme et de la femme.

131-201 ap. J. -C

Claudius Galen

Médecin et philosophe de la Grèce antique, il reconnaît le clitoris en disant : « Chez les femmes, les parties sont à l’intérieur, tandis que chez les hommes, elles sont à l’extérieur ».

936-1013 ap. J. -C

Abulcasis

Le père de la médecine moderne cite, dans deux chapitres de son ouvrage ‘On surgery and instruments’ le premier guide chirurgical illustré, la première partie d’une clitoridectomie. Il considère le clitoris comme une condition chirurgicale, une excroissance qui pourrait rendre un mari « incapable de posséder sa femme ». Non pas comme condition de pureté religieuse, mais plutôt comme correction d’une déformation en ce que le clitoris ressemble à un pénis.

 980-1038

Avicenne | Ibn Sina

Le médecin Perse ne mentionne pas le clitoris, il relate en parlant du périnée, d’un « lieu d’immense plaisir ». Pour lui, l’orgasme féminin est indispensable pour concevoir un enfant. Pour le médecin philosophe faire l’amour est avant tout un art et le plaisir féminin en fait partie intégrante.

980-1038

Constantin l’Africain

Le médecin devenu moine a été jusqu’à écrire un traité entier sur le sujet, « le Liber de Coitu ». Il a beaucoup contribué à la traduction des manuscrits arabes en latin vers 1060. Le noyau des connaissances médicales en occident provient essentiellement de ses traductions.

1504-1564

Charles Estienne

L’anatomiste français représente en 1546, pour la première fois en Europe et grâce à ses dissections, les parties génitales féminines dans le 3ᵉ volume du   » traité anatomie ».

1514-1564

Andreas Vesalius

Le grand anatomiste de l’histoire de la médecine considère quant à lui le clitoris comme une malformation qui n’existe que chez les hermaphrodites. Considéré comme le père de l’anatomie pour son livre de 1543 « Fabric of the Human Body ». Il a également dessiné des vaisseaux entre le vagin et les seins parce qu’il croyait que le sang menstruel devenait du lait.

 1516-1559

Realdo Colombo

Chirurgien, professeur, anatomiste italien revendique la découverte du clitoris (contesté par son contemporain Gabriele Fallopio), qu’il baptisa amor
veneris | amour de Vénus dans son ouvrage, « De re anatomica libri », paru en 1560. Il est le premier à mettre en évidence le lien entre la sensibilité particulière du corps féminin et la présence du clitoris. Par l’observation et le toucher, par l’expérience vécue, il dévoile une relation qui n’existait pas jusqu’alors entre le désir sexuel et le clitoris.

1523-1562

Gabriel Fallopio

Anatomiste et chirurgien italien, il ne tarde pas à affirmer qu’il est le véritable révélateur de l’organe et lui donne le nom de Kleitoris. Cependant, si Fallope souligne les ressemblances entre le corps du clitoris et celui de la verge dans ses « Observationes anatomicae », il omet toutefois d’évoquer ses fonctions érogènes.

 1510-1590

Ambroise Paré

Chirurgien français, voit le clitoris comme une partie obscène et dangereuse de l’anatomie, il la qualifie de « partie honteuse ».

1804-1857

George Ludwig Kobelt

Anatomiste allemand fait 1844 ce qui est probablement la première exploration détaillée de l’anatomie du clitoris interne. Il découvre que le clitoris est érectile tout comme le pénis. Kobelt est reconnu pour avoir fourni une description complète et précise de la fonction du clitoris dans son œuvre « De l’appareil génital des deux sexes chez l’espèce humaine et quelques mammifères. » Aucun autre scientifique de l’époque n’écrira à ce sujet.

1901

Gray’s Anatomy

Le clitoris apparaît dans l’édition de l’année du Gray’s Anatomy, mais il  sera le grand absent de l’édition de 1948.

1856-1939

Sigmund Freud

En 1905, le fondateur de la psychanalyse publie trois essais sur la théorie sexuelle ou il y décrit les orgasmes comme un symptôme de l’immaturité sexuelle des femmes. Un orgasme féminin ‘’sain’’ devrait être vaginal et non clitoridien. Il croyait tellement en sa théorie qu’il n’a pas pensé que le clitoris méritait une étude plus approfondie, le jugeant inutile.

1882-1962
1964
1966

Masters & Johnson

Masters et Johnson avec la publication de leur livre « Human Sexual Response », deviennent les pionniers derrière la découverte que le clitoris à en fait quelque chose à voir avec l’atteinte de l’orgasme.

1970

Women’s Health Book

En 1970 le Boston Women’s Health Book Collective publie « Nos corps, nous-mêmes » dans lequel pour la première fois depuis longtemps des informations sur le clitoris interne.

1997

OMS | UNICEF | UNFPA

Classification des mutilations sexuelles féminines (2008)

Les mutilations sexuelles féminines recouvrent toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autres lésions des organes génitaux féminins pratiquées à des fins non thérapeutiques.

OMS | UNICEF | UNFPA

1998 Redécouverte médicale !

Dr. Helen O’Connell

Première description complète du clitoris interne par Dr. Helen O’Connell urologue chirurgienne australienne décrit le clitoris comme le « complexe clitoridien » elle mène des études d’IRM et des dissections du clitoris et détermine l’anatomie complète du clitoris.

1999 L’homme qui « répare les femmes »

Dr. Denis Mukwege

Le gynécologue et Prix Nobel de la Paix 2018 est le fondateur et le directeur médical de l’hôpital Panzi en République démocratique du Congo (RDC). L’hôpital est spécialisé dans la prise en charge de femmes ayant été victimes de violences sexuelles, de viols, de mutilations génitales qui sont utilisées comme véritables armes de guerre par des groupes armés. Depuis la création de l’hôpital de Panzi en 1999 plus de 55.000 femmes fille et enfants
ont été soignées.

2000

Eminem

Au nom de la censure, la chaîne MTV, le mot CLITORIS est bipé sur la chanson !!! Eminem chante comment les enfants grandissent sans savoir ce qu’est le clitoris d’une femme à cause de la censure. L’ironie ? Au nom de la censure, le mot CLITORIS est bipé sur la chanson. Renforçant ainsi le point de vue d’Eminem.

2007

La revanche du clitoris

Dans leur ouvrage La Revanche du clitoris Damien MASCRET, médecin sexologue, et Maïa MAZAURETTE, blogueuse spécialisée dans les questions de sexualité, parlent d’une « excision culturelle du clitoris »

2008

Odile Buisson

Odile Buisson a mené des recherches et réalisé avec Pierre Foldès, chirurgien et membre de médecin du monde et spécialiste de la réparation des mutilations sexuelles permettant de mieux comprendre les mécanismes physiologiques du plaisir sexuel féminin, les premières échographies du clitoris dans le coït avec des femmes et des couples volontaires.

2012
2012

La fabuleuse histoire du clitoris

La Fabuleuse Histoire du clitoris du sexologue clinicien Jean-Claude Piquard revient sur son incroyable épopée. Cette même année le mot clitoris ne figure toujours pas dans le dictionnaire Larousse Junior des 7-11 ans alors que les testicules et le pénis y sont cités.

2015
2016

Dorian Electra

Our Musical Ode to the Clitoris.

2016

Le clitoris

Le Clitoris par Lori Malépart-Traversy

Je découvre l’atelier Bassin Féminin 

2025-10-11T10:37:39+01:00

A PROPOS DE MOI…

J’enseigne le yoga en utilisant mes connaissances de cet art de vivre, ma passion pour l’étude du corps humain et son fonctionnement, mon amour pour l’Inde et sa culture.

Je suis une éternelle étudiante, yogathérapeute et formatrice, créatrice des formations Yoga AliaOm, maman de 3 enfants et globe trotteuse.

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